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Les cryptos au secours des ONG comme WikiLeaks

Avec la pression des acteurs bancaires traditionnels, le Bitcoin ou les autres cryptos ne seraient-ils pas la solution aux ONG trop dérangeantes à l’égard du pouvoir.

Avec le procès (au Royaume-Uni) en cours de Julian Assange concernant son extradition ou non aux États-Unis pour avoir dévoilé des documents classés secret-défense par l’armée américaine, c’est WikiLeaks qui revient sur le devant de la scène médiatique.

Si vous avez vécu ces 15 dernières années dans une grotte à l’abri de la moindre information, WikiLeaks est une organisation non gouvernementale fondée en 2006 et qui s’est faite mondialement connaitre par ses fameux leaks, c’est-à-dire la publication de données confidentielles appartenant souvent à des gouvernements ou de grosses entreprises au rayonnement mondial.

On se souvient notamment des crimes de guerre en Afghanistan révélés par WikiLeaks, des écoutes des présidents français par la NSA ou des révélations sur le camp de détention Guantánamo.

De par son aura et ses actions WikiLeaks a ainsi permis à de nombreux lanceurs d’alerte de se trouver des soutiens, comme le plus célèbre d’entre eux, Edward Snowden qui a pu trouver une solution d’asile en Russie par l’entremise de l’ONG.

Quand les banques censurent les ONG…

Avec toutes ses révélations contre les puissants de ce monde, les conséquences ne se sont donc pas faites attendre. Divers procès contre WikiLeaks, traque du fondateur Julian Assange, et surtout tentative de détruire économiquement cette ONG si utile au processus démocratique dans le monde.

En effet, en 2011, une action commune de nombreux acteurs du monde bancaire (Bank Of America, Visa, MasterCard, PayPal et WesternUnion) a mis en danger l’existence même de WikiLeaks en détruisant près de 95% de ses avoirs qui lui permettaient de faire tourner cette énorme machine médiatique.

Le business model si l’on peut l’appeler ainsi, reposait sur des donations en euros ou en dollars sur des comptes bancaires traditionnels. Et cette mise au ban par ces acteurs de l’économie traditionnelle a fait chuter celles-ci de 100 000€ par mois à 7 000 € annuel.

Un message de Satoshi Nakamoto sur le forum Bitcointalk

C’est presque naturellement que la solution des crypto-monnaies est devenue évidente avec la montée en force du Bitcoin au début de la décennie 2010. Un mariage de raison, car le créateur du Bitcoin Satoshi Nakamoto, avait pu parler de WikiLeaks en des termes élogieux dans le fameux forum Bitcointalk.

…le Bitcoin et les cryptos peuvent les sauver

WikiLeaks s’est donc tourné vers le BTC pour accepter des donations puis vers d’autres monnaies électroniques comme le Monero ou le Zcash.

Si ce nouveau type de donation n’a pas permis de libérer Julian Assange, l’argent récolté est faramineux pour aider le projet WikiLeaks. Sur leur première adresse ce sont 4043 BTC qui on pu être récoltés soit près de 32 millions d’euros au taux du 28 février 2020. Et depuis quelques jours un nouveau portefeuille a pu voir le jour et de nouvelles donations affluent.

Cette affaire Wikileaks permet ainsi de trouver une nouvelle utilité aux crypto-monnaies, en puisant dans son fondement même, la décentralisation. Le financement est le nerf de la guerre pour toute ONG qui peut ainsi se faire couper les ailes par les alliés économiques (les banques et autres organismes de paiement) si on touche d’un peu trop près aux puissants. Afin de favoriser le processus démocratique, la liberté de la presse, ou le développement de projet hors-système, le salut ne pourrait bien venir que du Bitcoin ou des autres devises numériques.

Un thème finalement peu présent dans les réflexions des personnalités qui représentent ce mouvement, car trop technique ou polémique ? L’avocat de Julian Assange, Juan Branco, qui a pu faire la Une des journaux dans l’affaire Griveaux ou au travers des mois de grèves de la part de gilets jaunes, ne s’est jamais vraiment exprimé sur le sujet bizarrement.

Et en France, c’est finalement les élites traditionnelles (politique comme Bruno le Maire, institutionnelle comme Christine Lagarde ou économique comme la BPI ou The Garage) qui prennent à bras le corps ces sujets. Si les crypto-monnaies n’ont pas besoin d’une figure tutélaire anti-système, il serait dommageable que toutes ces belles promesses offertes par la blockchain soient récupérées par ses « opposants » naturels…

By Clément B.

Rédacteur - Blockchain, Crypto et décryptage. 3 mots pour une harmonie en cours de composition depuis 2016. Vous pouvez aussi me parler de cultures de l'imaginaire ou de gastronomie bien grasse pour me changer les idées.